Fonctionnalités

mercredi 26 mai 2010

Entretien Association « Vivre au Luth »

Entretien réalisé par Isabelle et Anne N
Association « Vivre au Luth » -
Magalie Collier - Agent de développement social et culturel
Le 11/05/10

1. Présentation
L'association est présente sur le quartier depuis les 80's. Elle est aujourd'hui rattachée à la direction municipale Vie citoyenne. Trois fonctionnaires (dont Magalie Collier), sont mis à disposition de « Vivre au Luth », qui embauche aussi du personnel (en grande partie grâce aux financements CUCS).

L'équipe :
- 1 chef de projet quartiers du Luth et du Village
- 1 agent de développement quartier du Luth
- 1 agent de développement quartier du Village
- 1 animatrice socio-culturelle
- 1 agent de développement insertion jeunesse
- 1 formatrice socio-linguistique
- 1 agent chargé de la parentalité
- 2 secrétaires

Permanences
L'association accueille aussi dans ses locaux les permanences d'un assistant social, d'un avocat et d'un psychologue pour enfant.

2. Actions

Les fonctions de Magalie Collier :
- Encadre la formatrice socio-linguistique et l'agent responsable de la parentalité.
- Organise les nouveaux conseils de quartier. Lancement prévu pour début juin 2010, suite à l'essoufflement des comités de quartier. A noter que le journal de quartier, sous la forme qu’il avait jusqu’en mars 2010, va être arrêté, car il était externalisé et revenait trop cher. L’idée est en cours est de le faire réaliser par ces nouveaux conseils de quartiers, en impliquant les habitants et avec l’aide des services municipaux.
− Monte des projets sociaux et/ou culturels.
− Gère les demandes de subventions CUCS et la relation avec les habitants.
Elle nous explique que son activité principale relève de la gestion du quotidien. Les habitants viennent surtout la voir pour des problèmes d'incivilités, de dégradations, de logements, de saleté, de mal vivre.
Si les projets, sociaux ou culturels, peuvent émaner des habitants ou des associations, ils sont majoritairement proposés par l'association « Vivre au Luth ». La mobilisation des habitants (le « rabachage » ) et l'impulsion d'une dynamique de partenaires (municipaux, associatifs etc.) restent de véritables enjeux.
Les projets de l'association :
- Les atelier de l’antenne :
Une programmation d'ateliers par trimestre autour d'une thématique (en fonction de l'actualité municipale, autour de l'amélioration du quotidien, de la santé, de l'environnement etc.). Principalement des ateliers ludiques, familiaux, intergénérationnels. « Les ateliers liés à l'apprentissage et l'investissement de soi ne mobilisent pas les habitants » selon Magalie Collier.
La référente parentalité de l'asso est impliquée dans l'élaboration de ces ateliers, avec des intervenants extérieurs.
L’histoire des ateliers : Ils commencent grâce à une subvention obtenue pour des ateliers autour de la santé, destinés à viser principalement le public de l'atelier socio-linguistique. Mais ce sont finalement de jeunes retraités (venant du quartier et des alentours) qui ont été attirés par les activités, notamment celles autour du bien-être. A partir de cette première expérience, l'association a décidé de développer les ateliers pour toucher petit à petit un plus large public.
Principaux partenaires :
- Maison de l'enfance
− Centre de loisirs maternel
- Services pré-ados jeunesse
− Résidence personnes âgées. Bonne dynamique au foyer logement pour personnes âgées, ils ont des locaux qui se prêtent aux activités et quelques personnes de la résidence profitent de ces activités .
− Tamanoir
- Un collectif d'habitants
− Amicales

- Autres projets bénéficiant de financements CUCS :
Ateliers socio-linguistiques : 4 jours par semaine, pour un public féminin d'une 40taine de personnes.
Ateliers de socialisation, couture et créativité : L'atelier couture est encadré par une animatrice rémunérée. Celui de créativité fonctionne en autogestion. Une quinzaine de personnes par atelier très féminin, âgées et femmes au foyer.
Sorties familiales : Le WE, le mercredi, les vacances. Sorties de plein air, à la mer, culturelles etc. A moindre coût (50 % à la charge des familles). Marchent bien.
Vide-grenier : Organisé cette année le 23 mai au parking du centre commercial du Luth. Avec une animation culturelle et une sensibilisation au handicap au programme. « Le vide-grenier marche très bien car on est dans une activité marchande, les gens trouvent leurs intérêt à vendre ce qui leur est inutile, » témoigne Magalie Collier. L'événement a été repris par l’antenne du Luth depuis deux ans, suite à la disparition des assos de parents d'élèves.
Magalie Collier évoque à ce sujet une chute générale du bénévolat dans le quartier, touchant l'ensemble des associations qui ne trouvent pas de relais aux responsabilités. « Dans le contexte actuel, celles-ci ont de plus du mal à survivre, à part les grosses associations subventionnées par la ville ».

3. Le point de vue de Magalie Collier sur le quartier

« C’est un quartier attachant et happant. Un quartier difficile, avec une population jeune et au chômage (taux de chômage le plus important de la ville). Je suis confrontée au mal vivre au quotidien. Il n'y a pas de scission entre la crise et le quartier, qui a de plus du mal à se défaire de son passé et de son image, encore stigmatisée régulièrement aujourd'hui à la Une des journaux.
Le quartier est en politique de la ville depuis longtemps. Mais les habitants ne vivent pas forcement bien la rénovation urbaine et les travaux en cours. Ils durent depuis longtemps, il y a eu bcp de modifications et les habitants n’en voient pas véritablement la plus value, ni le bénéfice immédiat. Ils se sentent abandonnés : La création du centre commercial a entrainé la fermeture des commerces de proximité. Avant il y avait tout sur le quartier, on pouvait y vivre sans en sortir.
Aujourd’hui la politique de la ville s’engage de plus plutôt mal du côté des financements. Jusque là, la ville de Gennevilliers était riche car elle bénéficiait de la taxe professionnelle. Mais avec la fin de cette taxe, le budget de la Ville va diminuer et la subvention CUCS du même coup. La baisse de ces financements CUCS (1/3 ville, 1/3 état, 1/3 département) se profile pour 2012 et risque de remettre en cause l'activité de notre association, qui développe principalement ses projets grâce à ces subventions. »

4. Son parcours

Née et vit toujours à Colombes. Issue de l’animation centre de loisir, qu'elle commence en même temps que ses études de droits (poursuivies jusqu'à la licence sans la valider).
Elle fait donc ses débuts dans l’animation en 94, avec un premier emploi jeune auprès des jeunes avant d'arriver à Gennevilliers en 2002. Elle possède tous les diplômes de l'animation.
Fonctionnaire territorial rédacteur (catégorie B) depuis 1999 à la Ville, elle devient respectivement responsable d'une structure liée à l'image et au cinéma, responsable des pratiques culturelles pour la jeunesse, responsable adjoint du personnel des écoles, et arrive à l’antenne du Luth en février 2009, en tant qu’agent du développement social-culturel.
Elle nous confie qu'elle ne pense pas continuer dans le socio-culturel « car on ne peut plus continuer si on n'y croit plus trop : Les problématiques sont toujours les mêmes, les directions municipales ne suivent pas, et au quotidien, on est véritablement isolé sur le terrain». Aujourd’hui, malgré son attachement à la ville et au quartier, elle dit chercher du travail ailleurs, en tant que responsable d'équipe.
Elle déclare tout de même que Gennevilliers est une ville qui fait des choses pour ses habitants. « Le quartier est en pleine transition : Le nouveau centre commercial va ouvrir d'ici 2015, le projet de centre social et culturel d'ici 2013. »

Les projets les + sympas qu'elle retient :
Le défilé de mode de mamans du quartier, monté en partenariat avec le Tamanoir
L'ouverture de l'atelier socio-linguistique, « qui accueille des femmes qui sinon ne sortiraient pas de chez elle »,
Le nouveau projet de coupe du Monde en Afrique du Sud
La naissance, récemment d'un collectif « officieux » d'habitants (qui réunit trois habitantes du quartier qui se mobilisent sur de nouveaux projets, comme l'organisation d'un couscous fin mai).

5. Bilan de l’entretien
Les projets qui semblent intéressants à retenir : L’atelier d’alphabétisation, qui réunit une quarantaine de femmes du quartier toutes les semaines, et celui d’un journal de quartier avec les habitants, dont le lancement est prévu pour la rentrée de septembre.
Lutter contre l’isolement, favoriser la parentalité, l’intergénérationnel, le bien-être… semblent les principaux moteurs de la programmation trimestrielle des ateliers de l’antenne. Mais le fait que ces ateliers s’établissent en fonction de l’actualité municipale, des éventuelles envies/choix des partenaires du quartier et de la fréquentation potentielle du public pose question.
Magalie Collier affirme que les ateliers liés à l'apprentissage et l'investissement de soi ne mobilisent pas les habitants, mais on peut se demander de quelle manière ces ateliers sont amenés au public. Elle évoque aussi le sentiment d’abandon de la population, notamment avec ses travaux qui chamboulent le quartier et qui n’en finissent pas. Faudrait-il mieux accompagner les habitants dans cette période de transition et de transformation du quartier ? De quelle manière ?
Les nouveaux conseils de quartier vont peut-être attirer quelques habitants et pouvoir faire émerger de nouveaux projets liés à leurs préoccupations. La création de cette instance peut aussi peut-être permettre de réunir les différents acteurs professionnels et d’ouvrir une réflexion commune sur l’enjeu des projets à mener sur le quartier.
Comment aller vers les habitants, comment les faire venir, comment créer le lien restent de grandes questions…
***
Note : La personne qui s'occupe du futur projet de centre social et culturel est la responsable de l’antenne, Douda Kerma.

4 commentaires:

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  2. CUCS (Les contrats urbains de cohésion sociale)

    Depuis le 1er janvier 2007, ces nouveaux contrats – les CUCS – ont officiellement succédé aux contrats de ville.
    Les CUCS ont été conçus par le ministère de la Cohésion sociale comme "un cadre contractuel unique pour l'ensemble des interventions en faveur des quartiers". Leur vocation est de regrouper l'ensemble des programmes et des contrats existants :
    - équipe de réussite éducative,
    - fonds interministériel à la ville,
    - contrats locaux de sécurité, etc.

    Infos complémentaires :
    http://www.hauts-de-seine.net/cadre-de-vie/aide-au-logement/Les-contrats-urbains-de-cohesion-sociale?amp;cpsextcurrchannel=1&vgnextfmt=default

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  3. Bonjour. J'ai partagé votre offre d'emploi ici : http://culture-bis.com/profiles/blogs/formateur-fle-asl-flp-genevilliers-92. Je vous invite à nous rejoindre sur Culture-bis

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  4. Je m'appelle Mme Celia Dave. Je vis au Royaume-Uni
    et je suis une femme heureuse aujourd'hui? et moi
    me dit que tout prêteur qui sauve mon
    famille de notre mauvaise situation, je referai
    toute personne qui lui demande un prêt,
    il a donné du bonheur à moi et à ma famille, je
    avait besoin d'un prêt de 250 000 $ à
    recommencer ma vie comme je suis célibataire
    mère avec 3 enfants, j'ai rencontré cet honnête et DIEU
    craignant l'homme prêteur de prêt qui m'aide avec un
    prêt de 250000,00 $ US Dollar, il est un DIEU
    craignant l'homme, si vous avez besoin d'un prêt et
    vous rembourserez le prêt veuillez contacter
    lui dire que c'est Mme Celia Dave que
    vous référer à lui. Son nom est M. Benjamin Lee
    Son Email (247officedept@gmail.com) Ou conversation WhatsApp: + 1-989-394-3740.

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