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vendredi 4 juin 2010

Entretien de Johan Mandroux responsable du Tamanoir

Entretien avec Johan Mandroux LE TAMANOIR
réalisé par MIGUEL le 1 juin 2010


Le Tamanoir est né en 97, c’est à l’origine un Café musical à vocation sociale, maison de quartier et lieu de culture. Position très précaire. Il y a eu des directeurs successifs qui ont mené des actions de médiations ; le résultat a été contre-productif. Ex :Il a fallu répondre à la demande de la mairie de la mairie de Gennevilliers (financeur), s’inscrire dans la politique sociale de la ville, politique de quartier.
Dans un premier temps, le Tamanoir était un projet musical très rock négligeant les aspects socialisants, ce qui induits des difficultés mais également des bénéfices non négligeables.
Cela le fait passer de statut de salle de quartier (café musique, bar) à celui de salle de concert inscrit comme telle dans les réseaux professionnels, subventionné par la DRAC notamment (voir documents sur partenaires réseaux Tamanoir) Aujourd’hui grâce à cela nous programmons 40 dates par an dont 30 pros déclarés par nous-mêmes. Nous accueillons 20 résidences par an, de 4 jours à 4 semaines.
Nous sommes soutenus par plusieurs lignes culture : la DRAC (aide au fonctionnement), la ville de genevillier, le conseil régional, la ville de Gennevilliers et la politique de la ville.
Il faut aujourd’hui redéfinir le projet du Tamanoir. Nous ne pouvons répondre à la demande de la politique de ville d’en faire toujours plus, nous sommes opposé au fait d’aller faire de la médiation in situ « on va s’occuper de vous », nous ne sommes pas des éducateurs, les projets de quartiers ponctuels ont un impact très limitée, attention à l’aliénation, le travailleur social se trouve souvent bien seul dans sa démarche, il faut réfléchir ensemble… ..D’après moi la médiation se fait de l’intérieur de la structure mieux que de l’extérieur ; d’où la difficulté : exiguïté des locaux, matériel vieillissant… .Les jeunes ne sortent pas du Luth ; au niveau de leur pratique musicales (quel que soit le style), ils pensent que leur travail est une référence, mais ils n’explorent pas, n’écoutent pas ce qui se fait ailleurs et par là même ce qui a pu fonder leur démarche. C’est là que nous entendons travailler vraiment et nous pensons qu’il y a là un vecteur d’ouverture et de socialisation bien plus important… .C’est donc bien de l’intérieur de la structure que se fait la médiation, en travaillant le pré historicité de la musique qu’ils pratiquent

Les réseaux : nous faisons partie de la Fédurock Actes If, réseau 92, et R.I.F.
Comment faire partie de tant de réseaux ? Cela ne sert à rien, les lieus ont des problématiques propres et les réseaux idem, qui sont totalement étrangères les unes des autres, c’est paradoxal. Les réseaux 92 regroupent des lieux qui sont très hétérogènes et très amateurs ; nous sommes les seuls à avoir une pratique professionnelle. La fédurock est intéressante au niveau politique, mais il faut avoir une réelle maîtrise en politique culturelle, syndicaliste etc. sinon, l ne comprend rien. Le seul réseau qui semble intéressant c’est Actes if pour leur politique trans-disciplinaire, qui permet d’ouvrir le champ culturel à d’autres pratique que la musique amplifiée, qui a ses limites également

Commentaires……Cet entretien n’a pas porté véritablement sur les questions prévue mais néanmoins on peut penser que Johan Mandroux compte associer une démarche élargie à d’autres pratiques culturelles (forcément assez politisées Actes if en est l’exemple), tout en concentrant ses ateliers sur des pratiques fondamentales, celles-ci étant une porte sur une réflexion plus citoyenne de l’art (j’extrapole peut-être). Dans tous les cas, ses positions face au « saupoudrage » réclamé notamment par la politique de la ville est très importante à souligner et à défendre ardemment dans nos pratiques quotidiennes ; Apparemment il compte plus sur un développement régional au niveau des structures culturelles en terme de qualité de pratique (encore un réseau ?) afin d’ouvrir « l’espace des jeunes », plus que sur une activité locale.

mercredi 2 juin 2010

Entretien de Johan Mandroux responsable du Tamanoir

Entretien de Johan Mandroux responsable du Tamanoir
Miguel
date : ?
Un résumé de l'entretien sera bientôt disponible, en attendant vous pouvez ecouter l'ensemble de l'entretien

lundi 31 mai 2010

OBS du concert au Tamanoir (Amazigh Kateb et Afouss)

Le Tamanoir

http://www.letamanoir.com
31 Boulevard Jean-Jacques Rousseau 92230 Gennevilliers
01 47 94 15 45
Métro : Asnières Gennevilliers Les Courtilles

Amazigh Kateb
http://www.marcheznoir.amazighkateb.com/

Réalisé par Monia et Aurélie
Le samedi 15 mai

I Présentation du Tamanoir ( cf. doc 2. Les projets les actions)

Les activités : on y fait quoi, pour qui ?
Dirigé par Johan MANDROUX depuis septembre 2009, le Tamanoir est selon lui :
« un lieu d’accueil dans le quartier du Luth ». Équipement municipal à vocation social et culturel, la salle de concert le Tamanoir est implanté dans la cité /quartier du Luth qu’il faut traverser à 10 minutes du métro Asnières les Courtilles (prolongement de la ligne 13). En nous dirigeant vers ce lieu nous n’avons pas remarqué d’affichage signalant la soirée. Par contre, la brocante (23 mai) et le couscous géant (29 mai) ont fait l’objet d’une communication.
Pour entrer dans ce quartier et pouvoir accéder au Tamanoir on ne peut pas éviter les barres. Elles composent l’architecture principale de l’espace. Tandis que le Tamanoir, bâtiment simple, discret et modeste ressemble à une miniature posée au pied des barres. L’un des murs taggés (voir photos). L’équipement est visible des fenêtres des habitants.
A proximité de la salle de concert on remarque un collège, une bibliothèque, et un gymnase Le Tamanoir est délimité par des grilles et il est agrémenté d’un petit espace vert ce qui permet au public de sortir. Et, à l’extérieur, pendant le concert nous n’avons pas constaté de problème de nuisance (sonore, présence de personnes extérieures)
Le lieu exprime sa volonté de catalyser le public du quartier en accueillant des actions festives. (Ex : l’association les VOISINES organise un défilé de mode), développer un partenariat de longue durée avec (l’Antenne du Luth). Les habitants que nous avons rencontrés en entretien nous ont parlé de cet événement.
« un espace de diffusion de spectacles », scène des musiques actuelles, avec une programmation éclectique au niveau des styles musicaux mais aussi du type d’artiste qui vient reconnu ou tout juste repéré ou encore amateur. Nous avons assisté à une soirée qui faisait coexister un jeune artiste à un artiste reconnu qui déplace un public. Le lieu s’inscrit dans un réseau de scènes alternatives qui développe des partenariats sur la ville (Discothèque, Théâtre de Gennevilliers) et avec les communes voisines « pour faire circuler les publics… structurer la scène amateur…repérer des artistes»
« de développement d’activités culturelles pour les jeunes Gennevillois », ateliers hebdomadaires, projet de spectacle qui regroupe des participants aux ateliers pour la 1ère fête des Ateliers le 11 juin, intervention d’artistes au Conservatoire.
«et un lieu de création ».
Le lieu :
Le Tamanoir est un lieu assez petit, convivial, d’une capacité d’accueil de 200 personnes. Il y a un bar à l’entrée de la salle de concert où l’on peut se restaurer et boire entre autre de l’alcool (seul lieu où l’on en trouve le soir dans le quartier). Les prix restes abordables, 4 euros l’entrée tarif réduit, café gratuit, 1 euros 50 la boisson.La scène est de taille réduite mais un groupe de musicien peut s’y produire. C’est aussi la taille de la scène qui donne la possibilité de proximité avec les artistes. C’est un point de l’observation qui donne un aperçu de l’ambiance du concert de ce soir là.
De plus, le public est debout se plaçant au bord de la scène (peu de siéges dans la salle)

II Le public (qui vient pour le concert, d’où, pourquoi ?)
Nous sommes installées suffisamment en avance pour observer l’arrivée du public. Les gens arrivent par groupe majoritairement, nous demande où se trouve l’entrée, s’il y a un endroit proche où l’on peut s’acheter quelque chose à manger. Le public qui attend est représenté par des groupes dont les membres se connaissent.
Premier constat donc : une grande partie du public se connaît et vient pour la première fois. Nous déduisons qu’ils semblent extérieurs au quartier. Plus tard, le gardien nous confirme que le public extérieur (aux quartiers, à la commune ?) représente en moyenne 70% sur l’ensemble de la programmation. Confirmation en questionnant une femme informée du concert par la brochure parisienne Lilo pendant le concert.
La moyenne d’âge est d’environ 30 ans mais nous constatons un mélange des générations (peut-être lié au genre musical). On remarque également une mixité filles-garçons.
Pendant le concert, une vrai proximité s’est établit entre le chanteur et son public, particulièrement avec un groupe de jeunes qui attendait cet artiste le mitraillant de flash dès son arrivée sur scène, connaissait par cœur ses chansons, venait l’embrasser, danser sur scène, jouer du karbab (castagnettes en métal). Il était pour ce groupe le symbole d’une nationalité, d’une culture. Ces jeunes brandissent le drapeau berbère, le vêtissent d’un foulard noir et blanc. Par ailleurs, le chanteur est d’autant plus proche qu’il parle, répond, chante en différentes langues (kabyle, arabe et français) cette musique qui touche au-delà d’une appartenance culturelle. Déjà, les berbères sont répartis sur toute l’Afrique du Nord (cf. document supplémentaire). Il y avait par exemple un public très identifiable par son style vestimentaire, hippie, altermondialiste. En cherchant un peu le père du chanteur, l’écrivain Yateb Yacine a écrit : « Mais quand on parle au peuple dans sa langue, il ouvre grand les oreilles. On parle de l'arabe, on parle du français, mais on oublie l'essentiel, ce qu'on appelle le berbère. Terme faux, venimeux même qui vient du mot 'barbare'. Pourquoi ne pas appeler les choses par leur nom? ne pas parler du 'Tamazirt', la langue, et d''Amazir', ce mot qui représente à la fois le lopin de terre, le pays et l'homme libre ? » « la première langue du pays depuis les temps préhistoriques »
Le concert s’est donc très bien déroulé, dans une bonne ambiance sans que des mesures de sécurité viennent séparer l’artiste de son public, empêche les débordements passionnés de ce groupe. Ce concert de très bonne qualité paraît répondre à un besoin de culture, d’être en contact avec soi dans un moment convivial.
On nous précise en partant que ce concert avait ramené particulièrement du monde.

Bilan
Si la visibilité du lieu est évidente par son emplacement, lieu de passage pour accéder à d’autres équipements, si on doit savoir qu’il existe et où, la visibilité du contenu, des activités et la connaissance du lieu à l’intérieur l’est moins. La population locale (quartier, ville?) ne fréquente pas le lieu soit parce qu’elle n’est pas informée soit que cela ne l’intéresse pas. 70% de personnes extérieurs se déplacent jusqu’au Luth soit parce qu’un réseau de communication fonctionne, qu’ils connaissent l’artiste, le musicien…Y a-t-il d’autres cas de figure ? Comment le Tamanoir fait-il sa communication dans le quartier, la ville et au-delà ?
Le tout nouveau Directeur semble travailler à une certaine ouverture du lieu. Il serait d’ailleurs intéressant d’en savoir un peu plus sur l’histoire du lieu et dans quelle continuité politique s’inscrit-il avec son prédécesseur, à partir de quel diagnostique ?
Pense t-il la programmation à partir de la problématique du public ? Faire venir le public du Luth est-ce un de ces objectifs ? Doit-il être un lieu réservé aux habitants ? Il semblerait qu’il voit cette question de la fréquentation un peu différemment, cherchant peut-être plus à créer une dynamique dans le lieu en valorisant les forces vives du quartier, de la ville autour de la musique.
Il faudrait en savoir plus sur la mise en œuvre du projet défilé avec l’association, Les Voisines. As t-il répondu a une demande où est-il allé à leur rencontre ? Accueille t-il d’autres projets associatifs qui ne sont pas strictement musicaux ? Quelles sont les conditions ? Par ailleurs, cette dynamique est représentée par la dimension créative et professionalisante des ateliers, par le lien qu’il tisse entre artistes, entre amateurs, et enfin par le rôle de tremplin qu’il cherche à jouer. Le public est peut-être là aussi grâce à ces motivations. Est-ce que ces actions nous permettent de dire que le Tamanoir participe à la vie de quartier ?
S’informer également du statut/ fonctionnement, bénévolat/ partenaires dans le quartier/ projets

mercredi 5 mai 2010

CR Observation

Bonjour à toutes et tous

je fais parti du groupe observation.

Je suis allé au quartier du Luth ce matin, voici le résumé de ma déambulation:
Arrivée à 8H 45 peu de monde sur le parking. Au café, il y a entre 6 et 10 personnes, avec une forte majorité d'hommes d'un certain âge. On dirait un repère des "anciens" du quartier. C'est donc un lieu stratégique intérréssant.
Ensuite j'ai poursuivit ma route vers le cimetière, une tour est en train d'être détruite de ce côté là. La passerelle qui passe au dessus de la A 86 était vide, personne ou presque semble la traverser. Les squares sont vides aussi, mais très bien entretenus.
je discute avec un habitant pour savoir les jours de marché , et il me parle de la brocante, il semble que c'est une habitude installée dans le quartier. Concernant le marché, lui fréquente plutôt celui du "village" (centre ville) juste à côté.
Ensuite ballade vers le coeur du quartier, je vois beaucoup de personnes nettoyer les entrées d'immeuble.
Le seul endroit un peu "vivant" se situe devant le collège où une cinquantaine de jeunes discutent, ils semble faire des allées et venues le long de l'avenue Lucette Majalaigne. (lieu stratégique) j'engage la discussion avec un groupe de jeunes. Une seule jeune adolescente vient du quartier. Elle me dit: "C'est mort ici il n'y a pas assez de choses pour les jeunes." Elle fréquente le club du luth mais trouve qu'ils ne font pas assez d'activités. je lui pose des questions sur les travaux. Elle trouve que les travaux comme celui de l'espace vert au milieu du quartier avancent trop lentement. La boue liée au chantier en hiver notamment, l'a dérangé.
Un autre jeune me dit qu'il ont refait la façade du collège et que de toute façon il y a "tout le temps des travaux". Sur le Tamanoir, juste à côté, elle connait mais c'est "juste pour la musique, sinon, non."
je poursuis mon chemin vers la sortie A 86. De ce côté il a beaucoup de terrains vagues qui longent la sortie d'autoroute. le gymnase est vide. A part deux commerces (une boulangerie, une pharmacie), tous les autres sont fermés.
le centre commercial lui même est fermé; Je tente d'aller aux ateliers 36 38. on m'assure que le directeur va arriver, mais il n'arrive pas. Du coup j'entre à côté, à l'angle, à la régie du luth. La directrice me reçoit, je lui dit que d'autres reviendront l'interroger plus longuement, que je ne fais que passer, elle me reconnaît (je lui parle de Véra) . elle m'invite dans son bureau. On cause un peu.
La régie du luth est la seule entreprise d'insertion sur le quartier. Elle emploie des bénéficiaires du RSA, des chômeurs de longue durée et des primo-arrivants. 30 salariés y travaillent dont 22 sur des contrat d'insertion. 40% des salariés viennent du Luth, les autres viennent des ZUS de Gennevilliers (les Agnettes, les Grésillons). A 70% ce sont des bénéficiaires du RSA. il y a 2 primo-arrivants et le restant en chômage longue durée.
Ils travaillent sur le nettoyage des immeubles du quartier (voilà pourquoi il y tant de gens qui nettoient le matin) et sur des chantiers. Donc uniquement sur des emplois type: espaces verts, bâtiments et manutention.
je lui demande si les travaux de l'espace vert juste derrière sont fait par eux. Elle me dit que non, la régie n'a pas pu avoir l'appel d'offre mais elle espère récupérer une partie de la fin des travaux.
La régie travaille en partenariat avec Pôle emploi et la plie. Ces partenaires essentiels sont la mairie de Gennevilliers et l'ophlm mais il y a aussi les autres bailleurs (France habitations) et les mastodontes du bâtiment (Bouygues) qui l'utilisent comme sous-traitant parfois.
elle me parle des problemes de drogues. Le nettoyage implique de trouver des "planques". Ce qui dérange le commerce. Avant, juste à côté, il y avait une tour (la tour Gérard philippe?) où les employés ne pouvaient "même pas rentrer". Mais elle a été détruite.
Cependant les employés en insertion n'ont jamais de probleme de violence, ce sont plutôt les locaux, assimiliés à ceux de l'institution qui sont parfois victimes de caillaissage. (la vitre de son bureau est fêlée), où les travailleurs sociaux (qui représentent l'institution) qui sont victimes de violences. Elle me répète qu'il s'agit d'une association, et pas d'une "institution".
L'ancien directeur est parti après trois agressions...Mais elle trouve que depuis six mois ça va mieux. Il y a des enguenlades avec des demandeurs en situation désespérée, mais rien d'autre.
Elle explique aussi que les salariés font l'installation du marché qui est dans le centre commercial

les marchés ont lieu les lundis et jeudi de 15h à 19h.

En sortant je croise une affiche intérressante:

Fête des voisins, le vendredi 28 mai 2010.

je pars vers 10h 30.

Sur la situation du quartier, il entouré par trois grands axes, mais ouvre directement sur le centre ville, à mon sens, on peut parler d'un enclavement "relatif". Je veux dire qu'il y a pire en terme d'urbanisme.