Entretien avec Johan Mandroux LE TAMANOIR
réalisé par MIGUEL le 1 juin 2010
Le Tamanoir est né en 97, c’est à l’origine un Café musical à vocation sociale, maison de quartier et lieu de culture. Position très précaire. Il y a eu des directeurs successifs qui ont mené des actions de médiations ; le résultat a été contre-productif. Ex :Il a fallu répondre à la demande de la mairie de la mairie de Gennevilliers (financeur), s’inscrire dans la politique sociale de la ville, politique de quartier.
Dans un premier temps, le Tamanoir était un projet musical très rock négligeant les aspects socialisants, ce qui induits des difficultés mais également des bénéfices non négligeables.
Cela le fait passer de statut de salle de quartier (café musique, bar) à celui de salle de concert inscrit comme telle dans les réseaux professionnels, subventionné par la DRAC notamment (voir documents sur partenaires réseaux Tamanoir) Aujourd’hui grâce à cela nous programmons 40 dates par an dont 30 pros déclarés par nous-mêmes. Nous accueillons 20 résidences par an, de 4 jours à 4 semaines.
Nous sommes soutenus par plusieurs lignes culture : la DRAC (aide au fonctionnement), la ville de genevillier, le conseil régional, la ville de Gennevilliers et la politique de la ville.
Il faut aujourd’hui redéfinir le projet du Tamanoir. Nous ne pouvons répondre à la demande de la politique de ville d’en faire toujours plus, nous sommes opposé au fait d’aller faire de la médiation in situ « on va s’occuper de vous », nous ne sommes pas des éducateurs, les projets de quartiers ponctuels ont un impact très limitée, attention à l’aliénation, le travailleur social se trouve souvent bien seul dans sa démarche, il faut réfléchir ensemble… ..D’après moi la médiation se fait de l’intérieur de la structure mieux que de l’extérieur ; d’où la difficulté : exiguïté des locaux, matériel vieillissant… .Les jeunes ne sortent pas du Luth ; au niveau de leur pratique musicales (quel que soit le style), ils pensent que leur travail est une référence, mais ils n’explorent pas, n’écoutent pas ce qui se fait ailleurs et par là même ce qui a pu fonder leur démarche. C’est là que nous entendons travailler vraiment et nous pensons qu’il y a là un vecteur d’ouverture et de socialisation bien plus important… .C’est donc bien de l’intérieur de la structure que se fait la médiation, en travaillant le pré historicité de la musique qu’ils pratiquent
Les réseaux : nous faisons partie de la Fédurock Actes If, réseau 92, et R.I.F.
Comment faire partie de tant de réseaux ? Cela ne sert à rien, les lieus ont des problématiques propres et les réseaux idem, qui sont totalement étrangères les unes des autres, c’est paradoxal. Les réseaux 92 regroupent des lieux qui sont très hétérogènes et très amateurs ; nous sommes les seuls à avoir une pratique professionnelle. La fédurock est intéressante au niveau politique, mais il faut avoir une réelle maîtrise en politique culturelle, syndicaliste etc. sinon, l ne comprend rien. Le seul réseau qui semble intéressant c’est Actes if pour leur politique trans-disciplinaire, qui permet d’ouvrir le champ culturel à d’autres pratique que la musique amplifiée, qui a ses limites également
Commentaires……Cet entretien n’a pas porté véritablement sur les questions prévue mais néanmoins on peut penser que Johan Mandroux compte associer une démarche élargie à d’autres pratiques culturelles (forcément assez politisées Actes if en est l’exemple), tout en concentrant ses ateliers sur des pratiques fondamentales, celles-ci étant une porte sur une réflexion plus citoyenne de l’art (j’extrapole peut-être). Dans tous les cas, ses positions face au « saupoudrage » réclamé notamment par la politique de la ville est très importante à souligner et à défendre ardemment dans nos pratiques quotidiennes ; Apparemment il compte plus sur un développement régional au niveau des structures culturelles en terme de qualité de pratique (encore un réseau ?) afin d’ouvrir « l’espace des jeunes », plus que sur une activité locale.
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