LE FABULEUX DESTIN DU NORD-EST PARISIEN
Territoire partagé par les villes d’Aubervilliers, de Paris et de Saint-Denis, avec une longue histoire commune mais singulière, le Nord-Est parisien et ses habitants nous invitent à découvrir le fabuleux destin de cette plaine en constante évolution depuis deux siècles et qui aujourd’hui, avec plus de 250 hectares en cours d’aménagement, prend rendez-vous avec la vi(ll)e du XXIe siècle.
“ ... ce quartier, je le connais, c’est mon quartier, je l’ai vu évoluer, se transformer...” , “ ... c’est un quartier où les gens se parlent... ”, “... toutes les communautés se rencontrent sur les marchés, ça ce sont les endroits publics... ”
Pendant dix mois le Pavillon de l’Arsenal a arpenté ce territoire XXL, depuis le boulevard de la Chapelle jusqu’à la rue du Landy, la mairie d’Aubervilliers, entre le réseau ferré du Nord et l’axe Flandres - Jean Jaurès, et recueilli la parole des habitants de ces quartiers en transformation.
Chaque témoignage donne vie à un patrimoine sensible. Chaque rencontre est l’occasion d’engager un dialogue collectif avec le futur, de la ville vécue à la ville projetée, de la ville intime au territoire partagé, de la ville existante à la ville de demain.
L’exposition invite à découvrir ainsi ce qui est là, ceux qui y vivent, échangent avec ce qui est en devenir : réalités construites et projets ambitieux, mobilité pratiquée et transports de demain, ... plus de 90 projets architecturaux et urbains, récemment réalisés ou en cours, sont ainsi détaillés et présentés : reconversion de sites industriels, constructions d’équipements public, de bureaux et de logements, aménagement de place et création de jardins, mise en œuvre d’infrastructures de transport, ...
Etude urbaine sensible
La ville abordée comme des moments d’interaction entre des territoires et des gens.
Décrire un périmètre en pleine transformation,commencer par aller à la rencontre des habitants,leur poser la question des territoires et des bâtis, ceux qui comptent pour eux, ceux qui les concernent.
En déduire des cartes, leurs cartes.
Cette étude raconte des histoires.
Dix mois de recherches, de rencontres(appeler, prendre rendez-vous, serrer des mains,
écouter, dans un jardin, sur un canapé dans un salon, un local d’association, aller voir, un square caché derrière une barre d’immeuble, un chemin le long du périphérique, la vue depuis un 19ème étage).
S’il est facile de se croiser, se rencontrer prend du temps. Il faut souvent recommencer, ça crée des liens, ça compromet, souvent c’est compliqué,
parfois ça marche.
Les cartes sont faites de ça, de tentatives de rencontres, de gens qui parlent, qui racontent les territoires qui les concernent, les lieux devenus particuliers
parce qu’ils y ont accroché leur histoire.
Le contexte est toujours le même. Les urbanistes construisent des versions de la ville de demain et au rythme de ces transformations, dont certaines ne sont pas encore commencées et d’autres déjà terminées. Ces gens vivent, au milieu,
entre ce qui a pu exister et ce qui existe aujourd’hui,transformé ou non, des passés qui persistent, sortes de fantômes urbains, des lieux complètement reconstruits qui sont encore nommés «le terrain vague». Ils cherchent dans le Macdo de l’avenue de
Flandres la langueur de l’ancienne cafétéria Casino où les personnes âgées venaient sociabiliser, où les Chinois venaient jouer au mahjong.
Personne ne passe à côté des mutations urbaines,personne n’y est insensible. Souvent les habitants s’en emparent, au moins en partie, quand cette partie a un rapport avec leur histoire. Ils ont des idées d’à quoi la ville peut ressembler, créent
des manières de la vivre, d’autres centralités,d’autres dénominations.
Les gens sont la richesse des lieux. La diversité,les origines, les couleurs, les liens. La notion d’appartenance est très forte et il n’est pas question
de partir : «Pourquoi aller ailleurs quand tu te sens bien là ?» résume Bakary Sakho, animateur au Collège Méliès de Riquet.
Les gens sont la richesse des lieux et c’est de là qu’a surgi cette envie de montrer qui ils sont— une caméra ne met pas à l’aise mais tant pis.
Vingt-quatre portraits de gens à travers la manière de vivre leur quartier, ou vingt-quatre portraits de territoires à travers la manière dont les habitants les
vivent.
Voilà, donc les lieux se transforment et ces transformations interagissent avec la vie et les gens,avec leurs histoires déjà là, avant le début, et tout
cela, cette âme, ces lapsus, colonisent les mutations urbaines, les hantent. Aujourd’hui — mai 2010—, voici un état des lieux, aussi subjectif et humain
que peut être une série de rencontres, un momentde l’interaction entre les enjeux humains / urbains,peut-être à intégrer à la dialectique du territoire à
venir, même s’il est trop tard pour parler de
demain.
ETUDE MENÉE PAR THIERR Y PAYET
JUIN 2009 - MAI 2010
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